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Perturbateurs endocriniens, PFAS … A quels risques sont exposés les travailleuses et les travailleurs ?

Perturbateurs endocriniens, PFAS … A quels risques sont exposés les travailleuses et les travailleurs ?

Que ce soit à la maison, sur notre lieu de travail ou à l’extérieur, nous sommes toutes et tous exposés à un nombre impressionnant de substances chimiques par le seul fait de manger, boire, respirer et manipuler des objets.

Publié le 08/07/2026
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Parmi ces substances, qui font de plus en plus l’actualité, figurent les perturbateurs endocriniens et les PFAS.

Dans le cadre de sa formation de base, la Cellule RISE du CEPAG a invité trois expertes pour nous en parler lors d’un séminaire qui s’est tenu à Namur le 12 juin dernier :

  • Céline Bertrand, infirmière pédiatrique et enseignante en santé publique, spécialiste en santé environnementale, membre de la Cellule environnement de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG) ;
  •   Joëlle Meunier et Sandrine Jouan, respectivement conseillères politiques et cheffe de projet au SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien et pourquoi sont-ils toxiques ?

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), « un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et, de ce fait, induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations ».

Le système endocrinien comprend des organes tels que la thyroïde, le pancréas, les testicules ou les ovaires. Il a pour fonction de réguler et contrôler les fonctions de l’organisme comme la glycémie ou la reproduction et joue un rôle important au cours du développement du cerveau, du système reproducteur et du système immunitaire notamment.

L’exposition prolongée aux perturbateurs endocriniens représente un facteur de risque avéré dans le développement de nombreuses pathologies aussi diverses que l’obésité, le diabète de type 2, les cancers hormono-dépendants, les affections de la thyroïde, la baisse du QI, les troubles de la fertilité ou l’augmentation du taux d’occurrence des AVC.

Les perturbateurs endocriniens n’ont pas que des effets sur les êtres humains. Ils affectent également la santé des animaux et des écosystèmes.

Contrairement à d’autres substances chimiques, leur toxicité n’est pas liée à la dose - ils ont un impact même à de petites doses - et les effets combinés de l’exposition à différents perturbateurs endocriniens ne sont pas encore bien documentés.

Le coût sur la santé de l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens est estimé à 4,4 milliards d’euros par an en Belgique.

 

Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?

L’exposition aux perturbateurs endocriniens se fait à 85% via l’alimentation mais aussi par inhalation et contact cutané. Le placenta étant perméable aux perturbateurs endocriniens, le risque d’affecter l’embryon au cours de son développement est réel.

L’exposition professionnelles aux perturbateurs endocriniens concerne de nombreuses activités : nettoyage, construction, cosmétique, laboratoires, ameublement, traitement des déchets, etc.

Et les PFAS ?

Les PFAS, appelés également « polluants éternels » car quasiment indestructibles sont des composés chimiques synthétiques développés à partir des années 50 pour leurs propriétés très recherchées par l’industrie : antiadhésives, imperméabilisantes, hydrofuges et endurantes s aux fortes chaleurs, …

On les retrouve dans de nombreux objets de consommation courante tels que les poêles antiadhésives, les textiles imperméables, les cartons de pizzas et les emballages alimentaires, les cosmétiques résistants à l’eau, les batteries, les panneaux solaires, les retardateurs de flammes, etc.

Davantage présents aux abords des sites industriels, ils contaminent durablement l’air, l’eau et les sols, s’accumulent dans l’organisme et sont très difficiles à éliminer. Ils pénètrent essentiellement dans l’organisme via l’alimentation : eau, œufs, poisson, viande, lait, et par inhalation dans le cadre des expositions professionnelles.

Les effets sur la santé sont nombreux et les données sont encore incomplètes mais on sait avec certitude qu’ils présentent des risques en termes de diminution de la réponse immunitaire, de troubles thyroïdiens, de cholestérol élevé. Ils peuvent avoir des effets sur la reproduction et le développement de l’embryon et de l’enfant et augmentent le risque de certains cancers.

Quelle est la règlementation permettant de protéger les travailleuses et travailleurs ?

Plusieurs législations entrent en ligne de compte en matière de substances chimiques. Le cadre général en matière de commerce et d’utilisation de produits chimiques est principalement défini, sur le plan européen, par deux règlements : le règlement REACH et le règlement CLP.

Le règlement REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals) encadre la fabrication et l'usage des substances chimiques au sein de l'Espace économique européen. Sa révision pour l’élargissement de l’interdiction de l’utilisation de certaines substances dont les perturbateurs endocriniens est envisagée mais a été reportée.

Le règlement CLP (Classification, Labelling, Packaging) ou Règlement (CE) n° 1272/2008 est la législation européenne qui définit les règles de classification, d'étiquetage et d'emballage des substances chimiques.

S’y ajoutent des règlementations sectorielles concernant les médicaments/dispositifs médicaux, cosmétiques, jouets, matériaux en contact avec les aliments, biocides, pesticides, détergents, eaux.

Dans le cadre du Pacte vert européen (Green deal), la Commission européenne a adopté en 2020 la Stratégie pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques qui prévoit, à terme, un renforcement de la protection des travailleuses et des travailleurs ainsi que des consommatrices et consommateurs notamment vis-à-vis des perturbateurs endocriniens.

En Belgique, la protection de la santé des travailleuses et travailleurs exposés à des substances chimiques est organisée par Code belge du bien-être au travail (Livre VI). Les agents possédant des propriétés perturbant le système endocrinien y ont été intégrés en 2023.

La législation prévoit, après la réalisation d’une étude de risques, l’adoption de quatre types de mesures :

·       La substitution : remplacement de la substance incriminée par une autre moins dangereuse.

·       L’adoption de mesures techniques : circuits fermés, aspiration de l’air, …

·       L’adoption de mesures organisationnelles qui réduisent, par exemple, le temps d’exposition des travailleuses et travailleurs.

·       L’utilisation de matériel et équipements de protection individuelle.

Par ailleurs, la Belgique s’est dotée d’un Plan d’action national perturbateurs endocriniens (NAPED) 2022-2026 dont l’objectif est de diminuer l’exposition de la population et de l’environnement aux perturbateurs endocriniens. Il est découpé en trois axes : la prévention, la règlementation et la recherche scientifique.

Le caractère perturbateur endocrinien a été également retenu pour l’attribution de l’Ecolabel EU pour les produits cosmétiques et les produits d’hygiène absorbants. Ce label certifie qu'un produit ou service a un impact environnemental réduit sur l'ensemble de son cycle de vie, de l'extraction des matières premières à la production et à la gestion des déchets.

En dépit des mesures mises en place et envisagées, le travail reste immense car, actuellement, sur 1000 à 10000 substances potentiellement concernées, seules 133 ont été identifiées comme perturbateurs endocriniens dans l’Union européenne.

Enfin, l’évaluation des substances chimiques est trop longue. Les données disponibles sont souvent insuffisantes, les capacités d’évaluation des instances nationales et européennes d’évaluation sont limitées, le processus décisionnel est long et les tests font parfois l’objet d’interprétations divergentes. La priorité reste donc la prévention !

Pour en savoir plus :

Les perturbateurs endocriniens sous la loupe : Kit d'animation | Réseau IDée

Où se cachent-ils? - perturbateursendocriniens.info

Les perturbateurs endocriniens en milieu professionnel

Perturbateurs endocriniens : réchauffer des aliments (ProRes)

Protégez votre famille des perturbateurs endocriniens | SPF Santé publique

 

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