Tout d’abord, de quoi parle-ton ? Un accident sur le chemin du travail est un
évènement imprévu et soudain qui a lieu sur un trajet habituel entre le
domicile et le travail, générant une lésion (physique ou mentale) avec
incapacité et/ou frais médicaux dont la cause doit être l’évènement soudain. Par
exemple, un travailleur qui se tord la cheville en trébuchant sur un pavé en
allant au travail peut voir son accident reconnu comme tel.
Depuis 1971, chaque employeur doit souscrire une assurance
couvrant ces accidents, appelée assurance-loi. Pourtant, alors que les
accidents de travail diminuent, ceux sur le chemin du travail augmentent dans
le secteur privé comme dans le public : plus de 35 000 ont été déclarés en
2023.
L’augmentation des accidents est en lien avec la mobilité
active (marche, vélo, trottinette) et le fait que ce sont des usagers plus vulnérables
et dans la plupart des cas, les accidents ont lieu sans l’intervention d’un
tiers à cause d’un problème d’infrastructure ou d’inattention. Concernant les
voitures, l’augmentation du nombre de SUV augmente la sécurité pour les
passagers de ceux-ci, mais elle accroît les risques pour les autres usagers,
qu’il s’agisse d’une autre voiture ou d’usagers plus vulnérables.
Un accident de trajet, ce n’est pas seulement une blessure.
C’est du stress, des démarches complexes, une perte de revenus, une charge pour
les collègues et un coût pour l’entreprise. Mieux comprendre ces conséquences,
c’est aussi mieux les prévenir.
Prévenir et diminuer des risques
Le choix du mode de transport influence directement le
risque.
La voiture est le mode de transport majoritaire, mais génère
un grand nombre d’accidents, surtout aux heures de pointe. Les modes actifs
sont plus sains et écologiques, mais aussi plus vulnérables face aux autres
usagers ou à des infrastructures inadaptées ou mal entretenues. Les trajets
longs, les horaires décalés et la fatigue sont aussi des facteurs aggravants.
Agir sur la prévention passe aussi par des habitudes simples
: respecter le code de la route, apprendre à partager la route, vérifier son
itinéraire, porter un casque à vélo, rester visible avec des habits colorés ou
un gilet fluorescent, et s’assurer d’être bien éclairé. Ces gestes peuvent
éviter bien des accidents.
Les entreprises ont également un rôle clé : selon Assuralia,
l’Union professionnelles des entreprises d’assurances, elles peinent à intégrer
les accidents sur le chemin du travail dans leur politique interne de
prévention et pensent parfois, à tort, qu’elles n’ont pas de rôle à jouer en la
matière. Pourtant, elles ont réellement la capacité d’agir : formations à la
sécurité routière, formations à l’écoconduite et la conduite préventive, formations
à la conduite de vélo dans le trafic, sensibilisation
des équipes, diffusion de conseils pratiques, intégration de la mobilité dans
le plan de prévention et dans le plan de formation.
Une étude[1]
menée auprès de 6.793 cyclistes a évalué l’impact du port d’une veste jaune
haute visibilité sur les accidents. Les résultats montrent que les cyclistes
équipés d’une veste fluo ont subi 47 % d’accidents en moins avec un tiers ayant
occasionné une blessure et 55 % d’accidents en moins impliquant un véhicule
motorisé. L’effet protecteur est particulièrement marqué en hiver et en
journée, quand la visibilité est réduite. Plus la veste est portée
régulièrement, plus l’effet est fort (jusqu’à 60 % de réduction pour les
usagers assidus), il est dès lors intéressant que les entreprises proposent du
matériel à l’attention des cyclistes et utilisateurs de trottinettes afin de
réduire les accidents et les incapacités de travail qui en découlent.
Pour les entreprises disposant de véhicules de société,
l’adoption du budget mobilité et le choix de véhicules plus compacts et légers
permettent de réduire le nombre d’accidents, mais aussi leur gravité. Par
ailleurs, pour les entreprises équipées d’un parking, le stationnement en
marche arrière contribue à diminuer les accidents liés aux manœuvres et l’intégration
de cheminement cyclo-piétons en dehors de accès voiture est à privilégier.
Le rôle des délégations
Les délégations syndicales ont un rôle à jouer dans chaque
organe de concertation pour améliorer la prévention et les mesures réduisant
les accidents en mettant en avant les formations : formations premier secours, formations des
personnes de contact dans l’encadrement pour accompagner les travailleurs, formations
à la sécurité routière, etc.
Prêter assistance aux travailleurs victimes d’un accident sur le chemin du travail sera une mission essentielle des délégués. Dans cette optique, prendre connaissance des documents à compléter pour l’assurance est une étape importante, de même que proposer aux travailleurs une aide à la rédaction car le choix des mots est important pour un dossier d’assurance. Il faut aussi prévenir les travailleurs qu’en cas d’accident, un témoin est plus qu’utile et qu’il est nécessaire en cas de pépin de demander aux passants témoins des faits leurs coordonnées. Mieux outiller les travailleurs et intégrer les enjeux liés aux accidents sur le chemin du travail dans le dialogue social, c’est aussi défendre la sécurité avant même d’arriver au travail/
Si vous avez besoin de conseils ou
d’accompagnement pour des demandes en entreprise, les cellules Mobilité du
CEPAG et de la FEC sont à votre disposition.