Les deux Conseils, qui rassemblent des représentants des travailleurs et des employeurs, formulent des recommandations concrètes pour encourager davantage l'usage du vélo par les navetteurs. Leur message est sans ambiguïté : sans investissements massifs dans les infrastructures et sans faciliter la combinaison train-vélo, les travailleurs continueront à privilégier la voiture.
Le constat des partenaires
sociaux est simple : si le trajet vers l'entreprise est dangereux ou impossible
à vélo, les travailleurs ne l'envisageront pas comme option de déplacement.
C'est particulièrement vrai pour les zonings d'entreprises, souvent mal
desservis, ou les itinéraires comportant des routes nationales. Les Conseils
insistent donc sur la nécessité d'investir dans des pistes cyclables et des
cyclostrades sûres, de qualité et bien entretenues. Mais, ils vont plus loin en
demandant que les différents niveaux de pouvoir harmonisent leurs programmes
d'investissement pour créer un véritable réseau interconnecté sur l'ensemble du
territoire belge.
Beaucoup de travailleurs
pourraient combiner train et vélo, mais plusieurs obstacles persistent. Les
Conseils demandent des parkings à vélos sécurisés dans toutes les gares pour
rassurer les propriétaires de vélos, tout en maintenant des parkings gratuits
de qualité (éclairage, caméras, …) pour ne pas créer de frein financier. Ils
réclament aussi davantage de vélos partagés en gare, une révision du prix du
supplément vélo qui devrait tenir compte de la distance parcourue et des
adaptations du matériel roulant pour transporter plus de vélos. L'accueil des
cyclistes dans les gares doit également être amélioré : ascenseurs adaptés,
rampes pour vélos, développement des points-vélo.
Les vols de vélos découragent les cyclistes potentiels et peuvent pousser des utilisateurs réguliers à abandonner ce mode de transport. Deux avancées importantes ont été réalisées : la plateforme d'enregistrement Mybike.belgium.be et la simplification de l'utilisation de vélos appâts équipés de GPS par la police. Les Conseils demandent maintenant que ces outils soient massivement déployés, via des campagnes d'information pour encourager l'enregistrement des vélos et l'utilisation systématique des vélos appâts par les services de police. Ils appellent aussi à une coopération européenne contre les réseaux organisés de voleurs. Rappelons que seuls 48 % des vols sont actuellement déclarés à la police.
Cet avis du 5 novembre s'inscrit
dans un travail de longue haleine des partenaires sociaux sur la question du
vélo dans les déplacements domicile-travail. Ils avaient déjà contribué au
premier plan Be Cyclist, notamment par la conclusion de la convention
collective de travail n° 164 qui a introduit une indemnité vélo dans les
secteurs et entreprises qui n’en avaient pas négocié auparavant. Parallèlement à
cet avis, les Conseils ont remis au ministre un rapport d'évaluation de
l'impact de cette CCT.
Les recommandations formulées
montrent bien que la promotion du vélo ne peut pas reposer uniquement sur des
mesures financières comme l'indemnité vélo. Elle nécessite une approche globale
qui touche les infrastructures publiques, les services de transport en commun
et la sécurité. Les délégués syndicaux qui négocient dans leurs entreprises sur
les questions de mobilité (parkings vélos sécurisés, douches, indemnités)
peuvent désormais s'appuyer sur ces positions portées au niveau fédéral par
l'ensemble des partenaires sociaux.
L'avis complet est
disponible sur le site du Conseil Central de l'Économie (www.ccecrb.fgov.be)
sous la référence CCE 2025-2060 / CNT n°2466.
Source :
https://www.ccecrb.fgov.be/p/fr/1315/contribution-du-cce-et-du-cnt-au-nouveau-plan-d-action-federal-pour-la-promotion-du-velo