Cette deuxième partie du séminaire « Entreprise
et biodiversité » avait pour objectif d’amener les participant·e·s à
réfléchir autrement à notre rapport au vivant et à identifier des pistes
concrètes pour intégrer davantage la biodiversité et le bien-être dans les
entreprises. Pendant deux jours, conférences, échanges, immersion en forêt et
ateliers pratiques se sont succédé dans une ambiance à la fois studieuse,
conviviale et participative.
Jour 1 – Matinée
Introduction : « Comment les loups changent les
rivières »
La journée a commencé par le visionnage du court
film « Comment les loups changent les rivières ». À travers
l’exemple du parc de Yellowstone, le documentaire montre comment le retour des
loups a profondément transformé tout un écosystème : comportement des
animaux, végétation, cours d’eau… Une manière concrète et accessible
d’illustrer les interdépendances entre les espèces vivantes et l’importance de
la biodiversité dans les équilibres naturels et la santé des écosystèmes.
Repenser notre rapport au vivant - Intervention
de Bruno Poncelet
L’intervention de Bruno Poncelet portait sur les
différentes manières dont les sociétés humaines envisagent leurs relations avec
les animaux, les plantes et plus largement le vivant. Le point de départ de la
réflexion reposait sur le constat que la pensée occidentale moderne considère
souvent l’être humain comme séparé de la nature. Cette vision tend à opposer
l’homme au reste du vivant et à réduire la nature à une ressource ou un objet à
exploiter.
À travers les travaux de l’anthropologue Philippe
Descola, plusieurs conceptions du rapport au vivant ont été présentées : l’animisme,
le totémisme, l’analogisme, le naturalisme. Différents exemples issus de
sociétés traditionnelles ont permis d’illustrer ces visions du monde :
L’intervention a également mis en évidence les
limites de la pensée occidentale, notamment la séparation entre humains et
nature, qui contribue à certaines formes d’exploitation du vivant et aux crises
écologiques et sanitaires actuelles. Bruno Poncelet a insisté sur la nécessité
de développer davantage d’humilité face au vivant et de remettre en question
certaines évidences culturelles afin d’imaginer d’autres manières d’habiter le
monde.
Échanges autour des actions en entreprise
La matinée s’est poursuivie par un travail en
sous-groupes autour des actions biodiversité déjà mises en place ou
envisageables dans les entreprises où travaillent les participant·e·s. Les
discussions ont permis de partager de nombreuses idées : aménagement
d’espaces verts, installation de plantations ou de zones favorables aux
pollinisateurs, sensibilisation des travailleur·euse·s, gestion des déchets, de
l’énergie, réduction du bétonnage… Les échanges ont aussi mis en évidence le
rôle que peuvent jouer les représentant·e·s des travailleur·euse·s dans ces
démarches.
Jour 1 – Après-midi
Immersion en forêt : biodiversité, santé et
bien-être
L’après-midi a été consacrée à une immersion en
forêt animée par Nolwenn Lécuyer de Senzu Forest (ingénieure agronome
spécialisée dans les sols - guide et formatrice en shinrin yoku - sylvothérapie
japonaise) et deux autres intervenant·e·s : Nathalie Bloch (psychanalyste
et praticienne en écothérapie) et Pierre Gijsen (psychologue clinicien et
psychothérapeute comportementaliste).
Inspirée du Shinrin Yoku japonais (« bain
de forêt »), cette activité proposait une marche lente et silencieuse au
cœur de la nature environnante, afin de se reconnecter à ses sensations et à
son écosystème.
Répartis en trois groupes, les participant·e·s ont
pris le temps d’observer, écouter, respirer, toucher les arbres et simplement
ralentir. L’objectif était de favoriser l’éveil des sens et de prendre
conscience des effets bénéfiques du contact avec la nature sur le stress, la
santé mentale, l’attention et le bien-être général.
Les échanges qui ont suivi ont permis de partager
les ressentis de chacun·e (inconfort pour certain·e·s, bienfaits pour d’autres)
et de rappeler combien la nature peut jouer un rôle important dans la
prévention de la santé et le bien-être, y compris dans nos vies
professionnelles souvent marquées par la vitesse, très connectées et rythmées
par les écrans. Le message central de cette activité était clair :
remettre la nature au cœur de nos équilibres de vie et de santé est devenu
essentiel.
Jour 2
Intervention de Natalie Van Wetter – Vent
Sauvage asbl
La deuxième journée s’est ouverte avec
l’intervention de Natalie Van Wetter, de l’asbl Vent Sauvage, autour de la
permaculture et de son application dans les entreprises.
L’intervenante a rappelé que la permaculture ne se
limite pas au jardinage, mais constitue une véritable philosophie de vie basée
sur la coopération, l’observation et la recherche d’équilibres durables entre
humains et environnement.
À travers différents exemples, elle a montré
comment les principes de la permaculture peuvent s’appliquer dans de nombreux
domaines : organisation des espaces, gestion des ressources, aménagement
des lieux de travail ou encore projets collectifs. La méthode BOLRADIME (ou
OBREDIM) a été présentée comme un outil concret de conception de projets.
Après la théorie, place à la pratique : une première activité a
consisté en un développement de projet (design) permacole en sous-groupes. Au
cours de la seconde animation, chaque participant·e a pu manipuler du terreau,
préparer ses semences et découvrir les étapes essentielles du jardinage : préparation du
terreau, semis, arrosage, conseils de germination… chacun·e a pu mettre les
mains dans la terre dans une ambiance conviviale et détendue.
Cette activité en extérieur a favorisé une approche
concrète et accessible de la biodiversité, tout en mettant en avant les
bénéfices du contact avec la terre (en santé mentale et physique, entre autres)
et les dynamiques collectives liées au jardinage, ceci contribuant à
recréer du lien avec le vivant.
Clôture du séminaire
Escape game « Mission Biodiversité »
Le séminaire s’est terminé par un escape game autour
de la biodiversité (création de la Cellule RISE du CEPAG). À travers
différentes énigmes et défis, les participant·e·s ont pu mobiliser les
connaissances acquises pendant les quatre journées de la formation
« Entreprise et biodiversité » tout en favorisant la coopération et
la réflexion collective.
Une manière ludique et participative de clôturer
ce séminaire riche en échanges, en découvertes et en pistes d’action concrètes
pour intégrer davantage la biodiversité dans les entreprises et nos modes de
vie.