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Séminaire entreprise & biodiversité - partie 2

Séminaire entreprise & biodiversité - partie 2

7 et 8 mai 2026 - Houffalize

Publié le 08/07/2026
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Cette deuxième partie du séminaire « Entreprise et biodiversité » avait pour objectif d’amener les participant·e·s à réfléchir autrement à notre rapport au vivant et à identifier des pistes concrètes pour intégrer davantage la biodiversité et le bien-être dans les entreprises. Pendant deux jours, conférences, échanges, immersion en forêt et ateliers pratiques se sont succédé dans une ambiance à la fois studieuse, conviviale et participative.

 

Jour 1 – Matinée

 

Introduction :  « Comment les loups changent les rivières »

 

La journée a commencé par le visionnage du court film « Comment les loups changent les rivières ». À travers l’exemple du parc de Yellowstone, le documentaire montre comment le retour des loups a profondément transformé tout un écosystème : comportement des animaux, végétation, cours d’eau… Une manière concrète et accessible d’illustrer les interdépendances entre les espèces vivantes et l’importance de la biodiversité dans les équilibres naturels et la santé des écosystèmes.

 

Repenser notre rapport au vivant - Intervention de Bruno Poncelet

 

L’intervention de Bruno Poncelet portait sur les différentes manières dont les sociétés humaines envisagent leurs relations avec les animaux, les plantes et plus largement le vivant. Le point de départ de la réflexion reposait sur le constat que la pensée occidentale moderne considère souvent l’être humain comme séparé de la nature. Cette vision tend à opposer l’homme au reste du vivant et à réduire la nature à une ressource ou un objet à exploiter.

 

À travers les travaux de l’anthropologue Philippe Descola, plusieurs conceptions du rapport au vivant ont été présentées : l’animisme, le totémisme, l’analogisme, le naturalisme. Différents exemples issus de sociétés traditionnelles ont permis d’illustrer ces visions du monde :

  • les Achuar d’Amazonie, qui considèrent les animaux et les plantes comme des personnes à part entière ;
  • les Tchouktches de Sibérie, pour qui toutes les formes de vie possèdent leur propre manière d’exister ;
  • les Inuits, qui envisagent une relation de réciprocité avec les animaux ;
  • les Aborigènes d’Australie, dont les liens au territoire s’inscrivent dans une dimension spirituelle et identitaire.
  •  

L’intervention a également mis en évidence les limites de la pensée occidentale, notamment la séparation entre humains et nature, qui contribue à certaines formes d’exploitation du vivant et aux crises écologiques et sanitaires actuelles. Bruno Poncelet a insisté sur la nécessité de développer davantage d’humilité face au vivant et de remettre en question certaines évidences culturelles afin d’imaginer d’autres manières d’habiter le monde.

 

Échanges autour des actions en entreprise

 

La matinée s’est poursuivie par un travail en sous-groupes autour des actions biodiversité déjà mises en place ou envisageables dans les entreprises où travaillent les participant·e·s. Les discussions ont permis de partager de nombreuses idées : aménagement d’espaces verts, installation de plantations ou de zones favorables aux pollinisateurs, sensibilisation des travailleur·euse·s, gestion des déchets, de l’énergie, réduction du bétonnage… Les échanges ont aussi mis en évidence le rôle que peuvent jouer les représentant·e·s des travailleur·euse·s dans ces démarches.

 

Jour 1 – Après-midi

 

Immersion en forêt : biodiversité, santé et bien-être

 

L’après-midi a été consacrée à une immersion en forêt animée par Nolwenn Lécuyer de Senzu Forest (ingénieure agronome spécialisée dans les sols - guide et formatrice en shinrin yoku - sylvothérapie japonaise) et deux autres intervenant·e·s : Nathalie Bloch (psychanalyste et praticienne en écothérapie) et Pierre Gijsen (psychologue clinicien et psychothérapeute comportementaliste).

Inspirée du Shinrin Yoku japonais (« bain de forêt »), cette activité proposait une marche lente et silencieuse au cœur de la nature environnante, afin de se reconnecter à ses sensations et à son écosystème.

 

Répartis en trois groupes, les participant·e·s ont pris le temps d’observer, écouter, respirer, toucher les arbres et simplement ralentir. L’objectif était de favoriser l’éveil des sens et de prendre conscience des effets bénéfiques du contact avec la nature sur le stress, la santé mentale, l’attention et le bien-être général.

 

Les échanges qui ont suivi ont permis de partager les ressentis de chacun·e (inconfort pour certain·e·s, bienfaits pour d’autres) et de rappeler combien la nature peut jouer un rôle important dans la prévention de la santé et le bien-être, y compris dans nos vies professionnelles souvent marquées par la vitesse, très connectées et rythmées par les écrans. Le message central de cette activité était clair : remettre la nature au cœur de nos équilibres de vie et de santé est devenu essentiel.

 

Jour 2

 

Intervention de Natalie Van Wetter – Vent Sauvage asbl

 

La deuxième journée s’est ouverte avec l’intervention de Natalie Van Wetter, de l’asbl Vent Sauvage, autour de la permaculture et de son application dans les entreprises.

L’intervenante a rappelé que la permaculture ne se limite pas au jardinage, mais constitue une véritable philosophie de vie basée sur la coopération, l’observation et la recherche d’équilibres durables entre humains et environnement.

À travers différents exemples, elle a montré comment les principes de la permaculture peuvent s’appliquer dans de nombreux domaines : organisation des espaces, gestion des ressources, aménagement des lieux de travail ou encore projets collectifs. La méthode BOLRADIME (ou OBREDIM) a été présentée comme un outil concret de conception de projets.

 

Après la théorie, place à la pratique : une première activité a consisté en un développement de projet (design) permacole en sous-groupes. Au cours de la seconde animation, chaque participant·e a pu manipuler du terreau, préparer ses semences et découvrir les étapes essentielles du jardinage : préparation du terreau, semis, arrosage, conseils de germination… chacun·e a pu mettre les mains dans la terre dans une ambiance conviviale et détendue.

 

Cette activité en extérieur a favorisé une approche concrète et accessible de la biodiversité, tout en mettant en avant les bénéfices du contact avec la terre (en santé mentale et physique, entre autres) et les dynamiques collectives liées au jardinage, ceci contribuant à recréer du lien avec le vivant.

 

Clôture du séminaire

 

Escape game « Mission Biodiversité »


Le séminaire s’est terminé par un escape game autour de la biodiversité (création de la Cellule RISE du CEPAG). À travers différentes énigmes et défis, les participant·e·s ont pu mobiliser les connaissances acquises pendant les quatre journées de la formation « Entreprise et biodiversité » tout en favorisant la coopération et la réflexion collective.

 

Une manière ludique et participative de clôturer ce séminaire riche en échanges, en découvertes et en pistes d’action concrètes pour intégrer davantage la biodiversité dans les entreprises et nos modes de vie.

 

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