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Face aux catastrophes climatiques, où en est l’adaptation de nos territoires ?

Face aux catastrophes climatiques, où en est l’adaptation de nos territoires ?

Alors que la canicule frappe la Belgique de plein fouet et que le nombre de décès qui lui sont attribués dépasse les estimations des spécialistes, il est clair que les pouvoirs publics doivent impérativement agir afin d’adapter notre société à ce réchauffement. Mais à quel niveau de pouvoir doit-on agir ? Quelles mesures pouvons-nous mettre en place ? Et quelle est la place des travailleurs et des travailleuses dans l’adaptation ?

Publié le 11/08/2026
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Les 3 et 4 juin derniers, le sommet européen Climate Chance Europe 2026 rassemblait des collectivités territoriales, des institutions européennes, des entreprises, des syndicats, des ONG, des chercheurs et autres acteurs environnementaux afin d’identifier des pistes concrètes pour renforcer la résilience climatique européenne. L’objectif était de permettre à l’ensemble de ces acteurs de contribuer à une stratégie d’adaptation à l’échelle de l’Union européenne.

Au cours de ce sommet, les participants ont constaté que les territoires sont inévitablement en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique (inondations, canicules extrêmes, sécheresses, incendies, …). Cependant, ils ne peuvent agir seuls : l’adaptation doit être pensée comme un effort collectif, coordonné entre les différents niveaux de pouvoir (européen, national, régional et communal).

Les communes, premières concernées

Les collectivités locales ont ainsi été identifiées comme des acteurs incontournables de la transition climatique. En première ligne face aux conséquences du réchauffement, elles disposent d’une connaissance fine des réalités du terrain et doivent être davantage associées à la conception des politiques publiques.

En Belgique, nous avons pu l’observer ces cinq dernières années avec les inondations dans la vallée de la Vesdre : les communes doivent établir des plans de résilience face aux conséquences du changement climatique.

À Limbourg, petite ville de la province de Liège dont 40 % des habitants ont été sinistrés, la reconstruction des quartiers et des espaces publics est également une opportunité d’adaptation à la crise climatique.

Sa bourgmestre, Valérie Dejardin, a accordé une interview à la RTBF à l’occasion de la commémoration des cinq ans de la catastrophe. Elle y insiste sur la nécessité, pour la Région wallonne, de coordonner les stratégies de reconstruction et de construction afin que l’infiltration de l’eau dans les sols soit préservée.

Cet exemple met en évidence un élément essentiel : les communes manquent cruellement de moyens et de visibilité pour mettre en œuvre ces stratégies de reconstruction coordonnées. Les financements disponibles sont notamment souvent mal connus des autorités locales, selon la bourgmestre.

Les Régions, coordinatrices de l’adaptation

Bien sûr, les communes sont des actrices incontournables, mais leurs administrations ne peuvent assumer seules tous les aspects de l’adaptation au changement climatique.

Dans sa récente publication « Stratégie d’adaptation de la Wallonie : recommandations », l’organisation Canopea plaide pour que les Régions (et plus particulièrement la Région wallonne) assurent une meilleure coordination des compétences très fragmentées. Dans cette note, Canopea formule huit recommandations afin d’optimiser la transition climatique.

La gestion de l’eau constitue un exemple évident du rôle fédérateur que peut jouer la Région. Les décisions prises dans une commune peuvent en effet avoir des conséquences directes sur les territoires voisins. Ainsi, la construction d’un zoning en amont peut impacter une commune située en aval en raison du ruissellement provoqué par l’artificialisation des sols, comme le souligne Valérie Dejardin dans son interview.

Dans la vallée de la Vesdre, un « Schéma Vesdre » élaboré par la Région wallonne tente de coordonner les reconstructions. Toutefois, selon la bourgmestre de Limbourg, il manque encore un véritable outil de pilotage ainsi que des politiques publiques suffisamment contraignantes pour transformer ces orientations en actions concrètes.

Le fédéral et l’Europe comme cadres d’action

L’Union européenne dispose d’une compétence de cadrage stratégique en matière d’adaptation climatique et mobilise différents financements afin d’encourager ses États membres à renforcer leur résilience face à la crise climatique.

En Belgique, l’État fédéral intervient quant à lui dans des domaines tels que la protection civile, certaines politiques sociales ou encore les conditions de travail. Des sujets particulièrement importants lorsque l’on sait que les populations les plus vulnérables sont souvent les plus exposées aux conséquences du changement climatique.

Et les travailleurs ?

Lors du sommet européen consacré à l’adaptation climatique, les syndicats ont insisté sur la nécessité de mettre en place une initiative européenne relative aux risques liés à la chaleur au travail, de renforcer le dialogue social dans les politiques d’adaptation et d’investir davantage dans les infrastructures sociales.

Les travailleurs doivent non seulement être protégés, comme l’a tragiquement rappelé l’incident survenu cet été à De Brouckère, qui a coûté la vie à six travailleurs sur leur lieu de travail, mais ils doivent également être pleinement intégrés aux stratégies d’adaptation afin que la transition permette de transformer les emplois perdus en nouveaux emplois durables.

Dans sa note, Canopea souligne également la nécessité de protéger les populations vulnérables et de « ne laisser personne de côté », dans une logique de justice sociale et écologique qui inclut les travailleurs et les travailleuses. L’organisation insiste par ailleurs sur l’importance de garantir des financements pérennes, de renforcer les moyens humains consacrés à l’adaptation (notamment par la formation des travailleurs et des travailleuses) et de privilégier les mesures dites « sans regret », c’est-à-dire des actions qui procurent des bénéfices quels que soient les scénarios climatiques futurs. Parmi celles-ci figurent notamment la restauration des écosystèmes, la végétalisation des espaces et la désimperméabilisation des sols.

Et maintenant, l’action

Maintenant que les plans et les déclarations existent, le principal défi réside dans leur mise en œuvre. L’adaptation n’est pas un projet ponctuel, mais un processus continu qui exige anticipation, coordination et investissements à long terme.

Les leçons tirées des inondations de 2021 montrent qu’aucun niveau de pouvoir ne peut agir seul. Les communes connaissent les réalités du terrain, les Régions assurent la cohérence territoriale, le fédéral apporte des leviers transversaux et l’Europe fixe les grandes orientations.

Face à l’accélération du changement climatique, la question n’est donc plus de savoir qui doit agir, mais comment l’ensemble des niveaux de pouvoir peuvent mieux travailler ensemble afin de rendre les territoires plus résilients.

 

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